Les femmes en technologie

Les femmes en technologie – @ Upland Objectif Lune

C’est aujourd’hui la Journée internationale de la femme, et ici, à Upland Objectif Lune, nous souhaitons célébrer cet événement en dressant le portrait de deux membres de notre équipe.

Historiquement, les femmes étaient très présentes au début de l’ère informatique, notamment des années 50 à 70, à l’époque des ordinateurs centraux. Avec l’arrivée des ordinateurs personnels dans les années 80, le pourcentage des femmes en technologies de l’information (TI) a décliné.

Eric Walden, Professeur au Jerry S. Rawls College of Business et Directeur du Texas Tech Neuroimaging Institute, explique : « Au milieu des années 80, environ 40 % des diplômées en TI étaient des femmes. Depuis, la représentation des genres s’est améliorée dans tous les autres champs d’études, à l’exception des TI. C’est le seul domaine où la diversité a constamment baissé. »1

Certains stéréotypes tenaces sont également un facteur, comme l’explique Sapna Cheryan, une psychologue à l’Université de Washington. Dans sa recherche de 2019, elle demandait à 254 étudiants de premier cycle des universités de Washington et Stanford de décrire les caractéristiques typiques qu’ils associaient aux informaticiens. Voici ses conclusions : « Les étudiants les ont dépeints en tant qu’hommes, intelligents, manquant d’habiletés sociales, et uniquement intéressés par les ordinateurs. D’autres les ont décrits comme étant pâles, minces, et manquant d’hygiène personnelle. »2

Nous espérons que ces portraits aideront à démystifier ces stéréotypes et démontrer que les femmes en TI ne sont pas des geeks ou des gameuses pâlottes, à l’hygiène douteuse et manquant d’habiletés sociales ! Mais surtout, nous tenterons d’illustrer qu’une meilleure représentation des genres serait souhaitable dans le domaine des TI.

Sophie Rondeau

Sophie Rondeau est la Gestionnaire de l’équipe montréalaise de Développement de Produit chez Upland Objectif Lune.

En 1995, lorsqu’elle a obtenu son diplôme de l’Université de Montréal (U de M), seulement 6 % des bachelières étaient des femmes. Elle est d’accord qu’une meilleure représentation des genres serait une bonne chose, mais elle considère que l’équité entre les genres ne devrait pas être imposée. Par exemple, elle affirme : « Si les hommes ne sont pas enclins à devenir des infirmiers ou des travailleurs en garderie, pourquoi devrions-nous les y pousser ? » ; le même raisonnement devrait s’appliquer aux femmes en TI. Elle déclare également que l’équité à tout prix n’est pas souhaitable : « Si les pratiques d’embauche étaient dictées par des quotas de représentation de genres, ce ne serait pas à l’avantage de l’industrie, que ce soit pour les femmes ou les hommes. »

Elle affirme également que, contrairement à certains métiers, comme pompier ou travailleur de la construction, « Il n’y a aucun obstacle pour les femmes en TI. » Selon sa vaste expérience, il y a en jeu des différences subtiles entre les genres : « De manière générale, j’ai remarqué que les femmes ont tendance à être plus attentives aux détails, et qu’elles se laissent rarement aller à ‘couper les coins ronds’.3 J’ai également remarqué que les hommes sont plus directs, ce qui rend parfois les interactions plus aisées lorsqu’il y a divergence d’opinions. »

Comme beaucoup d’autres femmes, Sophie a fait l’expérience, au début de sa carrière, de préjugés liés au genre, avec des remarques telles que : « Pour une fille, tu es plutôt bonne comme programmeuse. »  Étant donné qu’il s’agissait d’un incident isolé qui ne s’est pas reproduit, elle l’a mis de côté et le voit maintenant comme un signe que les choses se sont améliorées au cours des 20 dernières années.

Dans son cas, Sophie affirme que son choix de carrière l’a aidé à concrétiser son indépendance, tant sur le plan financier que sur d’autres aspects, et lui a permis d’utiliser ses « compétences naturelles en mathématique et en logique » de façon profitable. Quoique favorable aux idéaux féministes, son choix de carrière n’était pas une affirmation en ce sens, juste une agréable coïncidence.

Fatoumata Traoré

Fatoumata Traoré est Gestionnaire de la Prestation de Services au sein de l’équipe des Services Professionnels chez Upland Objectif Lune.

Fatou, comme nous l’appelons chez OL, est arrivé au Canada de la Côte D’Ivoire à l’âge de 18 ans. Éduquée dans le système français et fille d’un ingénieur, la science a toujours été sa passion. Alors, lorsqu’est venu le temps de choisir, elle s’est inscrite au même programme (Informatique), et à la même université (UdeM) que Sophie ; elle a obtenu son diplôme en 2007. Pendant la majeure partie de ses études, elle a été la seule femme dans les classes de sa faculté.

Et Fatou n’a aucun problème avec cela : « J’ai toujours été entourée d’hommes », dit-elle. D’une façon ou d’une autre, elle s’est toujours retrouvée dans des milieux où les hommes étaient plus nombreux que les femmes, mais ça lui plaît parce qu’elle a le sentiment que, dans ce contexte, « elle peut être elle-même. »

Néanmoins, Fatou se décrit comme étant « très féminine », et elle adore bien s’habiller et soigner son apparence. Mais lorsqu’elle est arrivée chez Objectif Lune en 2011 et s’est jointe aux Services Professionnels, elle était, une fois de plus, la seule femme de l’équipe. Les jeans et les t-shirts étaient « l’uniforme des gars », alors elle s’est sentie obligée de « modérer » son apparence, parce qu’elle était inquiète d’être perçue « comme une poupée ». Mais lorsqu’un peu plus tard, deux femmes se sont jointes è l’équipe, elle s’est sentie tout à coup confortable d’exprimer son goût pour la mode. Des années plus tard, elle est fière de déclarer : « Je travaille pour une entreprise où l’on ne juge pas sur les apparences mais sur nos compétences et ce que nous pouvons apporter à l’équipe. »

Elle considère que l’essentiel est de « donner des chances égales de progression », peu importe le genre. Elle affirme qu’en tant que femme qui travaille en gestion de projets technologiques, son but est de « donner l’exemple, faire tomber les barrières et inspirer » les jeunes femmes à entreprendre cette carrière épanouissante.

En ce qui concerne les stéréotypes, dans son cas, ils « sont toujours venus de l’extérieur », et non de son milieu de travail immédiat. Lorsqu’elle dit aux gens ce qu’elle fait, il est fréquent qu’on lui adresse un commentaire du genre : « Je n’aurais pas deviné. » La plupart du temps elle trouve cela amusant et elle est ravie de rectifier ce genre de stéréotypes que les gens peuvent avoir.

Conclusion

Upland Objectif Lune tient à remercier les participantes pour leur ouverture et leur candeur lors de ces interviews. Nous espérons que la lecture de ces deux perspectives, sur ce que c’est que d’être une femme travaillant dans la technologie, encouragera la réflexion et inspirera les Sophie et Fatou de ce monde !

Nous leurs souhaitons, ainsi qu’à toutes les femmes chez Upland Objectif Lune et dans toutes les autres entreprises, une heureuse Journée internationale de la femme 2022 !

Sources:

1- https://today.ttu.edu/posts/2021/09/Stories/why-is-computer-science-unpopular-among-women – Why is Computer Science Unpopular Among Women?

2- https://medium.com/@florenda/why-so-few-women-in-computer-science-a-look-into-college-curriculum-a0a4fd7c868f – Why so Few Women in Computer Science? A Look into Stereotyping & College Curriculum

3- Expression canadienne-française signifiant : Bâcler, négliger